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Projet de résidence : Sirène


 
Le titre du projet offre une double interprétation à notre action : attraction et distraction, la sirène dirige notre attention vers sa source tout en nous envahissant d'un sentiment de peur. Cette dualité nous amène à l'idée de filmer et d'être filmer : Sirène est un système de surveillance personnalisé, un radar de contrôle inversé : en filmant la police, peut être au moment où leurs voitures est en excès de vitesse. Peut on imaginer, si le projet Sirène fonctionne, que les citoyens installent une signalitique spécifique pour les conducteurs de ces voitures de police ?

Filmer la police et être filmé par la police (les voitures de polices sont équipées de caméras) peut aussi être vu comme l'allégorie d'une culture encrée dans notre quotidien, une culture commune venue du cinéma; leur présence - visible et audible - s'incarne en une sorte de "Police Culture". En Allemagne par exemple, toutes les voitures de police sont équipées depuis 2003 du système sonore américain "Yelp", associé à la traditionnelle sirène de police "Martinshorn" (ceci pour des raisons pratique précise l'administration). Et avec toutes ces satanés sirènes Yelp et voitures rapides "new yorkaises", les allemands la nomme aujourd'hui sirène "Kojak Polizei", en hommage à la plus populaire des des séries policière des années 70. L'industrie de la mode se sont aussi vaguement intéressés à la police. Hamburg est la première ville à faire appel à une star du design, Lugi Colani, de dessiner un nouvel uniforme de police, les autres polices allemandes n'ayant qu'à suivre. Initialement la police d'Hambourg voulait financer les uniformes grâce à une donation public, qui s'avérait illégale, - bien que le sponsoring fonctionne : Harley Davidson a offert une vingtaine de moto à la police d'Hambourg- pour l'hollywoodisation de la loi et l'ordre ! La police de Hambourg avec ses motos Harley Davidson : "A partir de maintenant la police de Hambourg pourchasse les criminels avec des motos américaines".

Mais, comme le tube “the sound of da police”, du rappeur américian KRS-ONE, les séquences vidéo de Sirène peuvent être vues comme une fiction issue d'un collage de moments de réalité : la reconnaissance de certains mouvements de voiture, des lumières sur des personnes et des choses, un ballet de voiture, une procédure rythmique.
Le séquence de la capture vidéo Sirène, est présentée comme un travail vidéo, ou comme une archive de petits clip que l'on peut visionner sur un site web. La forme finale de Sirène dépend du developpement du projet: si ce système de surveillance s'avère facile et peu cher à reproduire, nous proposerons ses plans de construction et son manuel d'utilisation sur un site web dédié à cette fin, où tous les films d'opérateurs/propriétaires de radar de police peuvent être envoyés et vus.

Si la proposition finale est de présenter un prototype qui serait techniquement plus complexe, elle prendrait la forme d'une installation video artistique que nous produirons en fonction des différents lieux.

Sirène consiste à créer via Pure Data un patch de synthèse audio capable de détecter et de suivre une sirène de police. Le patch controle aussi la mécanique de mouvement. L'ideal est une webcam capable de capter de l'audio et de la video. Si un signal audio plus précis est nécessaire, un autre microphone est intégré pour analyser et suivre le signal de manière autonome.