:: Robert CHARLOTTE [Fr]

Né en 1966 en Martinique.
Vit et travaille à Fort-de-France.
Expositions récentes :
2007 Festival « Influences Caraïbes », Paris. « Déambulances urbaines : villes des Antilles », exposition collective, Ambassade de France, Saint Domingue. 2004 Festival d’Avignon, France

 
[démarche générale]
Diplômé de l’Ecole Française de Photographie à Paris, Robert Charlotte retourne en Martinique où il s’installe comme photographe. L’artiste interroge le corps et ses codes de représentation en privilégiant le portrait. Considérant la Martinique comme une société du spectacle et de l’apparence, il tente de capturer le comportement schizophrénique des hommes, en créant un jeu perpétuel entre présence et absence, immobilisme et mouvement, lumière et obscurité. Avec la série des portraits réalisés à Fort-de-France, Robert Charlotte pénètre dans la rue et met en lumière la réalité des quartiers sensibles. Il plonge au coeur des ghettos où il effectue une véritable démarche sociale pour se faire accepter parmi les jeunes. Face à une violence quotidienne stigmatisée par les médias, l’artiste préfère exposer l’humanisme qui se dégage de cette population marginale. Dans ses oeuvres, il parvient à réduire la distance, sans tomber dans la lamentation ou la victimisation. Malgré la pose et la façon dont les personnages se mettent en scène eux-mêmes, le photographe privilégie une certaine neutralité dénuée de tout jugement.


[pour Ars Longa]
A travers ses portraits photographiques, Robert Charlotte nous propose de découvrir le visage fier et sincère des quartiers excentrés. Dans ce face à face sans intermédiaire et sans fioriture, c’est le spectateur qui est interpellé : qui sont ces jeunes ? où vivent-ils ? que font-ils ? Ici, la ville est hors champ mais présente dans les esprits, les regards, les attitudes, les vêtements. Le nom du quartier, Texaco, est mentionné dans le titre de la série. Il renvoie à une réalité sans concession, dont sont extraits quelques instants les protagonistes de la photo. A Fort-de-France, Texaco est une zone chargée d’histoire (les premiers habitants y ont construit leurs maisons de fortune autour de la Société pétrolière d’importation du même nom), une zone défavorisée qui abrite toutes sortes de trafics. Mais Robert Charlotte ne montre ni les bidonvilles ni la délinquance. Il arrache les enfants et les adultes à la rue et efface un instant la ville qui leur sert d’arrière plan quotidien, pour mieux faire ressortir la force de leur regard. Un regard qui défie, un regard mi-confiant mi-méfiant, un regard qui témoigne et un regard qui interroge. Les portraits de Robert Charlotte évoquent avec force une culture urbaine souterraine, bouillante et farouche à la fois. Pour Ars Longa, l’artiste réalisera de nouveaux portraits avec les jeunes du 11ème arrondissement (quartier Fontaine au Roi).